2016 s’en est allée et nous voici maintenant en l’année 2017.

Pour la commencer comme il se doit, il est de bon augure de vous souhaiter beaucoup de joie, de sérénité, et de belles aventures au cours de l’année qui commence !

Comme nous aimons nous mettre les méninges en surchauffe chez Hubrix, ce jour de l’an nous amène à nous demander pourquoi la date du nouvel an est ce qu’elle est. Qui a donc décidé de cette représentation arbitraire du temps qui passe ?

C’est Jules César, lors de l’instauration du calendrier julien en 46 av. J.C., qui mit en place les fondations d’une découpe arbitraire du temps qui passe, en différentes unités. Un jour, ça se comprend : c’est une rotation de la terre autour de son axe. Une année, aussi : un circuit de la terre autour du soleil (ce que César ne pouvait savoir, ayant pris sa décision 1519 ans avant la naissance de Copernic). Mais des mois avec 30, ou 31, ou 28 jours… cela semble un peu capricieux.

Le Pape Grégoire XIII le modifia ensuite au XVIe siècle pour corriger la dérive séculaire du calendrier julien qui prenait 8 jours de retard chaque millénaire. La principale innovation du calendrier grégorien est l’instauration des années bisextiles que nous connaissons tous.

Notre vie est donc régie par des décisions arbitraires remontant parfois à plus de deux millénaires, et pas toujours pour le mieux ! Or, le monde change, notre relation au temps en fait de même (les distances paraissent plus courtes qu’il y a 100 ans) et nos besoins aussi.

Il en est de même pour l’utilisation d’un logiciel ou d’une application : les utilisateurs évoluent, les rôles changent, de nouveaux usages s’inventent, mais ce n’est pas toujours le cas pour l’application elle-même. En effet, nous retrouvons généralement les mêmes choix arbitraires qui semblent immuables au sein des logiciels et applications que nous utilisons, en particulier dans notre domaine de prédilection : la gestion des droits d’accès.

Qui a donc décidé des différents rôles prédéfinis (Administrateur, Auteur, Utilisateur…) présents dans la plupart des applications ? Comment a-t-on pu penser que cela permettrait à tout le monde d’avoir les droits et les accès nécessaires à leur besoins ? Tout comme les mois de 30 ou 31 jours, ces choix ont durci comme du béton. C’était peut-être le sommet de la logique et du bon sens au moment où ces décisions ont été prises, mais clairement ces choix ne conviennent plus. Et comme le nombre de jours de chaque mois, ces choix informatiques ont un impact concret sur notre productivité, et notre niveau de contrôle de nos propres outils numériques.

En fait, l’architecture des logiciels, de façon générale, ne tient pas suffisamment compte de la temporalité. L’expérience de l’utilisateur se déroule bien dans le temps, mais trop souvent, le logiciel se borne à afficher une série d’images fixes. Imaginez si les cinémas remplaçaient les films par des séries de diapositives!

De plus, de nos jours il est de plus en plus fréquent de faire appel à des sous-traitants pour diverses tâches (agences web, freelances…) qui ont des missions à durée limitée. Ces circonstances exigent une flexibilité dans la gestion de droits et d’accès qui tient compte de la fluidité des rôles et des rapports variables entre chaque acteur et le groupe. Or, malgré le recours croissant aux sous-traitants, très peu de logiciels permettent aisément de donner une notion de temporalité à leur gestion d’accès.

Ceci entraîne des failles de sécurité importantes : si personne ne pense à supprimer l’accès du freelance aux systèmes de l’entreprise, par exemple, cette personne continuera à avoir accès à des informations sensibles jusqu’à ce que quelqu’un s’en rende compte, dans le meilleur des cas.

Pour aller plus loin, on peut imaginer dans le futur, des logiciels proposant eux-mêmes des modifications des rôles dans leur gestion des droits, au fil du temps, suivant différents paramètres, et en fonction de l’utilisation réelle des droits déjà accordés.

De nombreuses décisions arbitraires régissent nos vies avec un impact plus ou moins fort. Notre voeu sincère, notre souhait ardent pour vous en ce début d’année 2017, c’est que votre liberté et votre rayon d’action ne soient jamais limités par ces sortes de décisions prises dans la nuit des temps, et dont nous avons, pour la plupart, oublié les raisons.

Avez vous déjà subi les effets, positifs ou négatifs, de
décisions arbitraires cristallisées en politiques officielles ?

Parlez nous-en !

A bientôt pour de nouvelles aventures,

Cyril.

Image Credit: Czech Astronomical Clock in Prague, © 2013 Andrew Shiva via Wikimedia Commons. Shared under Creative Commons license

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